Le Poët-Laval

Le Poët-Laval est un village perché du XIIème siècle, classé Plus Beaux Villages de France.

Plus bas, en bordure du Jabron, s'étend le village plus récent (fin XVIII), appelé communément "Hameau de Gougne".

Le village du Poët-Laval  s’est développé à l’époque médiévale à l’ombre d’un imposant donjon, édifié au début du XIIIe siècle par les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Le village cerné de remparts se détache de façon spectaculaire sur le paysage de collines boisées qui environne la petite ville de Dieulefit, en Drôme provençale.

A voir

  • Le château des Hospitaliers du XIIe, XIIIe et XVe  siècle
  • Le Chapelle Saint Jean des Commandeurs
  • La Commanderie ou "Salon des Commandeurs" et son basssin
  • Le Centre d’art Yvon Morin
  • Le musée du Protestantisme dauphinois et son temple
  • Le Grand Portail et le Petit Portail
  • Panorama sur la vallée du Jabron du haut du village

Les Monuments

Le château des Hospitaliers

Le donjon médiéval de plan rectangulaire a été construit par les Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, sans doute au début du XIIIe siècle : édifié sur un mamelon rocheux qui domine la vallée, il se composait de deux salles voûtées superposées et d'une terrasse défensive. L'ensemble était desservi, peut-être dès l'origine, par deux volées d’escaliers en pierre. La porte d'entrée, aujourd'hui murée, était protégée par un système de mâchicoulis sur arc. Le donjon était probablement entouré à l'origine d'un simple mur d’enceinte, auquel le village, fortifié au XIVe siècle, vint rapidement s'accoler.
Le château connut un important développement au XVIe siècle : construction d'un pigeonnier sur la terrasse - entouré d’un chemin de ronde couvert – et adjonction d’un vaste corps de logis composé de quatre grandes salles à cheminées, superposées sur deux niveaux. Les capacités défensives de l'enceinte furent également améliorées par l'adjonction de bastions.
Plusieurs fois assiégé au cours des guerres de religion, le château cessa d'être occupé vers la fin du XVIe siècle. Il sera démantelé en 1622 sur ordre de Louis XIII.
Acquis et entretenu par des particuliers au XIXe siècle, amputé d'une partie de son corps de logis, le château est devenu propriété de la commune en 1988. Classé monument historique, il a été restauré en 1996-1998.
La chapelle Saint-Jean-des-Commandeurs
La construction de la chapelle est probablement contemporaine de celle du château (début XIIIe siècle). Implantée le long du mur d'enceinte qui séparait le village de la basse-cour du château, elle servait à la fois de chapelle castrale et d'église paroissiale. Le clocher qui surmonte le chœur roman a sans doute été ajouté tardivement (fin du XVIe siècle ?), afin de renforcer les défenses du château.
L'édifice a été très endommagé par les guerres de religion : la voûte et les élévations latérales de la nef - initialement décorées d'arcatures dont il ne subsiste que les amorces de part et d'autre du chœur - ont été reconstruites à la fin du XVIIe siècle. À partir de la basse cour du château, une porte donnait accès à une petite tribune d'où le seigneur pouvait assister à l'office.
La chapelle est restée église paroissiale jusqu’à la construction de la nouvelle église en contrebas du village (1895). La nef et la sacristie attenante se sont effondrées dans les années 1930, et n'ont jamais été reconstruites. Le chœur a été restauré en 1966

La Commanderie ou Salon des Commandeurs

Ce second château date probablement du milieu du XVIe siècle. Sa raison d'être demeure mal connue : il était peut-être destiné au logement du châtelain qui administrait le domaine au quotidien sous l'autorité des commandeurs.
L'édifice a été construit à cheval sur le rempart du XIVe siècle, en y intégrant au moins une tour plus ancienne. L'accès du château s'effectuait par l'intérieur du village, à travers un vestibule débouchant sur un escalier monumental à volées droites distribuées autour d'un noyau creux. Les grandes salles du premier étage s'ouvrent largement sur la campagne par de grandes croisées de meneaux à doubles traverses.
Le château a été acquis et restauré par des particuliers à la fin des années 1950.

Le temple et le Musée du protestantisme dauphinois

Le temple protestant du Poët-Laval a été aménagé au début du XVIIe siècle (1622) dans une ancienne maison d’habitation, convertie en maison commune au XVe siècle. Lors de la révocation de l’Édit de Nantes, en 1685, le temple fut sauvé in extremis de la démolition par son statut de maison commune. L’aménagement actuel du bâtiment date de 1807, avec des tribunes ajoutées en 1822. Le bâtiment fut utilisé pour le culte jusqu’en 1935, avant d’être aménagé en musée en 1961.
Le musée accolé à l'ancien temple présente de nombreux documents et objets liés à l'histoire du protestantisme dans la région, notamment sur les persécutions subies par la communauté réformée au lendemain de la révocation de l’Édit de Nantes.
Le vieux village du Poët-Laval est le point de départ français du sentier de grande randonnée sur les pas des Huguenots, qui relie le Poët-Laval à la ville allemande de Bad Karlshafen. 

Un peu d'histoire

La découverte sur la colline, de pointes de silex et autres outils taillés, témoigne qu’elle fut occupée par de petits groupes humains dès l’époque néolithique.
Ce fut à la fin du 12ème siècle, sous le signe de l’hospitalité qu’est né le site du Poët-Laval autour d’une Commanderie de l’Ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem. Cet ordre de moines soldats construisit le château et une chapelle sur le « monticule dans la vallée » ; Pogetum Vallis : Le Poët-Laval.

Le nom du Poët-Laval apparaît pour la première fois dans un texte de 1269 qui mentionne l’existence de l’hôpital et son obligation de fournir en cas de guerre au comte de Valentinois – son suzerain temporel – un contingent de 60 hommes armés pendant 60 jours.
Le château n’était alors qu’un donjon, sorte de tour défensive composée de deux salles superposées. L’ensemble de la construction est massif ; le pigeonnier qui surplombe la tour est un ajout du 16ème siècle et l’on peut dire qu’il défigure la silhouette sévère de la construction médiévale.
Au 13ème siècle la Commanderie possédait de nombreux titres, terres et privilèges. Le Commandeur était en fait le seigneur du lieu. Autour du château et de son enceinte les maisons en échoppes s’édifièrent ; ce fût une période de prospérité.
Vers 1450 un incendie ravagea le village mais tout fût reconstruit.
Durant 4 siècles, le Poët-Laval va se développer autour de ce couvent forteresse qu’est la Commanderie, à la fois refuge pour les pèlerins et garnison de troupes toujours prêtes à se porter sur les champs de bataille d’Orient.
Les Hospitaliers - qui avaient du quitter la Terre Sainte à la fin du 13ème siècle - s’installèrent sur l’île de Rhodes en 1310 puis, chassés par les Turcs en 1523, ils choisirent d’installer leur capitale sur l’île de Malte qu’ils abandonneront en 1798.
Dépendant du prieuré de Saint-Gilles dans le Gard, rattachée dans l’organisation de l’Ordre à la « Langue » de Provence, la Commanderie du Poët-Laval est, au 15ème siècle, l’une des plus importantes du Sud Est de la France. La communauté prend une nouvelle appellation : l’Ordre de Malte.
Au même moment une autre aventure de la foi a commencé pour le Poët-Laval : celle de la Réforme.
Les 16ème et 17ème siècles furent troublés par les conflits entre Catholiques et Protestants et le village fut l’objet de nombreux combats.
A la fin du 16ème les Commandeurs quittèrent le lieu ; la Commanderie et le château furent dévastés.
A la fin du 19ème siècle les habitants désertèrent le vieux village pour s’installer dans la vallée à Gougne et, au début du 20ème siècle, la voûte et la façade de la chapelle s’effondrèrent, la laissant dans l’état où elle se trouve actuellement.
Le château des Hospitaliers a été restauré en 1996/1997 sous la direction des Monuments Historiques. Le corps de logis du 15ème-16ème siècle a été remis en état : façade, toiture, sol, plafond, le tout dans un souci de reconstituer son état primitif. Mais bien avant cela il faut mentionner l’œuvre remarquable de sauvegarde et de restauration du Vieux Village entreprise par l’Association des Amis du Vieux Poët-Laval qui, depuis 1925, s’est donné pour mission de redonner vie à ce site merveilleux.
Petit à petit le Village reprend vie…

Randonnées pédestres

Sur la commune, 2 sentiers balisés s'offrent à vous :

  • Les corniches du Poët-Laval :Le but de cette randonnée est le trou du furet, de très beaux panoramas sur la vallée du Jabron. 6,7 km, dénivelé : 430m.
  • Le belvédère du mont Rachas : une randonnée donnant accès à un très beau point de vue sur la vallée du Lez et les montagnes environnantes. 9,5 km, dénivelé : 548m

Egalement au départ du Poët - Laval, le sentier internationnal "Sur les pas des Huguenots" qui suit au plus près le tracé historique de l'exil des Huguenots Dauphinois.